lundi 13 mai 2013

Un brassin au Paradis

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Samedi matin, au lendemain d’un concert "mouvementé" dans le village voisin, Marjorie Jacobi de la Brasserie du Paradis, ou tout du moins Cyril (son assistant), eut la gentillesse de nous accueillir, mon copain Romain et moi, à Blainville-sur-l’Eau, petite ville meurthe-et-mosellane où est situé son Brewpub.

Au menu du jour : brassage d’une IPA façon Goret !

Il y a quelques temps déjà, Marjorie nous avait adorablement soumis l’idée de faire un brassin ensemble. Le moment venu, elle nous fit l’immense plaisir de nous laisser le soin de composer la recette. Nous partîmes donc sur une IPA comme on aime chez les Gros, faiblement voltée et houblonnée à taquet :

85% Pils
15% Munich 
Mash à 68°C 
FWH 250g Chinook
20min 700g Citra
5min 900g Nelson
Whirlpool 400g Nelson + 600g Citra 
Levure US-05

En sont sortis les 400l prévus à la densité visée de 1050, soit un rendement honorable de 75%. Le compteur annonce 60 IBU auxquels s’ajoutera un petit dry-hopping à 5g/l. Tout semble s’être plutôt bien déroulé pour une première, je vous laisse donc admirer le travail en images…

 Première étape, le concassage avec un bazar qui démoule sa grand-maman et qui nous a passé les 90kg en quoi, 20 minutes ? Le top !




La cuve de chauffe de 550l qui servira à la fois à chauffer l'eau pour l'empâtage et à réaliser l'ébullition, équipée de son petit brûleur de 70kW !


 La pompe qui va bien, sans qui on fait rien !








La cuve d'empâtage avec son faux-fond et le fourquet pour homme qui nous change de nos jouets en plastique.

















Le réverdoir qui fait tampon entre la filtration et l'ébullition.

La partie tant attendue du houblonnage en cours d'ébullition, voyez la dose porcine qui sera intégrée au bon jus !

Dernière étape avant ensemencement, des plus cruciales, sanitation du fermenteur, refroidissement du moût à travers ce joli refroidisseur à plaques et on balance la sauce !


Encore un fois, un grand merci à Marjorie ainsi qu’à Cyril de nous avoir permis de réaliser cette superbe expérience. Merci aussi de nous avoir pas mal laissé les manettes au cours du brassage. Plutôt déstabilisant de prime abord, l’opération fut en fin de compte très jouissive et fort instructive. Une seule interrogation subsiste, c’est quand qu’on recommence ??? :)

-Pierrot

PS : vivement qu’on la boive !

jeudi 2 mai 2013

Toer de Geuze 2013

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Quel bel événement que ce Toer de Geuze! Si en plus le soleil est au rendez-vous, comme c'était le cas le dimanche 21 avril, on s'approche de la perfection...

Ayant rejoint les festivités seulement vers 13h, le programme se devait d'être moins chargé que lors de notre dernière participation, en 2009, lors duquel nous avions écumé pas moins de cinq gueuzeries. Cette fois-ci, nous nous sommes sagement (?) limités à deux, ainsi qu'un petit passage au café In de Verzekering Tegen de Grote Dorst pour terminer en beauté.

Première destination : Hanssens, à Dworp (Beersel). Déjà au programme en 2009, nous y sommes retournés cette année pour pouvoir déguster quelques lambics 'expérimentaux' habituellement non commercialisés en Belgique... Mais avant ça, un bon petit verre de lambic directement tiré du fût, offert par la maison! C'est un lambic relativement jeune, donc plutôt doux, relativement
calme niveau acidité. Une excellente entrée en matière avant d'entamer sérieusement les hostilités...

Avec la bière suivante, le Hanssens Lambic Experimental Cassis, on change radicalement de style! Si vous avez déjà goûté la Oude Kriek Hanssens, on est ici tout à fait dans le même registre : acidité très marquée, vinaigrée presque... Du coup un peu difficile à réellement apprécier pour ma part. La Experimental Raspberry qui a suivi était, quant à elle, nettement plus abordable : toujours bien acide, mais sans pour autant effacer les autres arômes de la bière. Le nez est magnifiquement fruité et le goût de framboise est bien présent en bouche. La dernière de la série est celle qui a remporté le plus de suffrages. Il s'agit de la toute nouvelle Schaarbeekse Kriekenlambiek (pas encore d'étiquettes sur les bouteilles). Le nez est bien 'cerisé' et le fruit domine la bouche également. Un rien plus acide que la framboise mais (heureusement) bien en dessous de la Cassis. Une superbe bière!

Notre deuxième choix s'est porté sur la gueuzerie Tilquin, première visite pour nous chez ce jeune producteur de gueuzes et lambics. Avant de faire le tour des installations, on se fait d'abord plaisir avec une assiette de cochon à la broche accompagné d'une Quetsche Tilquin à l'ancienne. Ce lambic a été additionné de quetsches (prunes) d'Alsace, ce qui lui confère une jolie couleur rose trouble. Heureusement, la comparaison avec une Hoegaarden Rosée s'arrête la! Sèche, agréablement acidulée (on est loin ici de l'exubérance de certains produits de chez Hanssens) et subtilement fruitée : tout est bien équilibré, le fruit est bien intégré, "fondu" dans le lambic et ne domine pas au goût. C'est vraiment une très bonne bière, très bien faite.

Après une balade digestive entre les tonneaux dans lesquels repose le divin breuvage, un petit verre de lambic nous est offert. Il s'agit d'un assemblage de lambics différents, non refermenté et donc plat, contrairement à une gueuze. L'assemblage, tiré des fûts au moyen d'une pompe manuelle - à la manière d'une cask ale britannique -, était délicieux! La bière présentait en effet un bel équilibre entre une légère acidité, un peu de douceur, un peu de boisé... Très désaltérant!

De retour au soleil, nous décidons de prendre un dernier verre chez Tilquin avant de continuer notre périple. Notre choix se porte alors sur le Meerts; une sorte de bière légère obtenue en rinçant une seconde fois les drèches ayant déjà servi à un premier brassin. Le résultat donne un liquide jaune citron très trouble. C'est frais, léger (3,6%) et citronné, plus houblonné aussi et plus amer que le lambic classique. Personnellement, j'adore : un truc à boire au seau au soleil, en préparant un barbecue...

On quitte ensuite Tilquin, direction Eizeringen. Une vingtaine de minutes plus tard, nous atteignons notre destination : In de Verzekering Tegen de Grote Dorst (littéralement : "A l'Assurance contre la Grande Soif"). Ce petit café de village reconverti en temple de la gueuze ouvre uniquement le dimanche matin, ou lors d'enterrements par exemple (il est situé juste en face de l'église). Aujourd'hui il est bien entendu ouvert toute la journée pour accueillir les visiteurs du Toer, c'est donc l'occasion rêvée d'aller y prendre un petit verre. En rentrant dans l'établissement, on a l'impression de changer d'époque. La déco semble ne pas avoir bougé depuis plusieurs décennies. On décide toutefois de s'installer à la terrasse afin de profiter encore un peu du soleil qui nous aura accompagnés tout l'après-midi.

A la carte, quasiment que des gueuzes, krieks et autres lambics. Beaucoup de raretés également, y compris des millésimes des années 80... Nous décidons malgré tout de rester raisonnables et commandons une cruche de 'Oude Lambiek' Girardin. A la dégustation, on est très loin du jeune lambic avec lequel on avait démarré chez Hanssens, ou même de l'assemblage de Tilquin. Ici le breuvage a clairement eu le temps de macérer durant des années dans le tonneau, au contact du bois, et de s'imprégner des arômes et saveurs de celui-ci. C'est très tannique, boisé à l'extrême et donc assez écoeurant au final... On retrouve même certains arômes proches de ceux d'un vieux whisky. Expérience très intéressante, mais ce serait difficile d'en boire des litres. C'est là qu'on prend vraiment conscience de l'intérêt de réaliser des assemblages de lambics de différents âges afin d'en faire une boisson équilibrée.

Après cette sympathique dernière étape, le moment de rentrer au bercail était malheureusement déjà arrivé. Dommage que le Toer de Geuze ne soit pas organisé tous les ans! Une chose est sûre (ha ha) : rendez-vous en 2015!


Santé!

-Antoine

PS : Thanks à Mike et à sa joyeuse bande pour la bonne humeur et le Glen Urquhart 8 ans d'âge des années 70!

vendredi 19 avril 2013

Le Lambic en fête!

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Et hop, 4 ans déjà que nous sévissons sur la toile avec ce petit blog! Pour fêter ça, on va se faire plaisir ce dimanche 21 avril puisque, comme il y a quatre ans, nous allons faire un petit tour dans le Pajottenland pour goûter des gueuzes, lambics et autres dérivés fruités de cet acidulé breuvage!

En effet, le Tour de Geuze, qui est organisé tous les deux ans par le Horal, tombe cette année. Ayant malencontreusement loupé l'édition 2011, pas question de passer à côté cette année! Voici la liste des gueuzeries participantes :


    Brouwerij Boon - Fonteinstraat 65, 1502 Lembeek
    Geuzestekerij De Oude Cam - Dorpstraat 67A, 1755 Gooik
    Brouwerij De Troch - Langestraat 20, 1741 Wambeek
    Brouwerij 3 Fonteinen - Hoogstraat 2A, 1650 Beersel
    Geuzestekerij Hanssens Artisanaal - Vroenenbosstraat 15/1, 1653 Dworp
    Brouwerij Oud Beersel - Laarheidestraat 230, 1650 Beersel
    Gueuzerie Tilquin - Chaussée Maïeur Habils 110, 1430 Rebecq
    Brouwerij Timmermans - Kerkstraat 11, 1701 Itterbeek
    Le 'Bezoekerscentrum De Lambiek' participe également aux festivités - Gemeenveldstraat 1, 1652 Alsemberg (Beersel)



Nouveautés à noter pour cette édition : la participation pour la première fois de la gueuzerie Tilquin, unique producteur de gueuze situé en Wallonie - a noter aussi que la nouvelle 'Quetsche à l'ancienne' sera proposée à la dégustation pour l'occasion; l'inauguration de la nouvelle salle de brassage de Boon; et la nouvelle installation de brassage également chez 3 Fonteinen qui, depuis 2012, a recommencé à brasser sur place.

A côté des visites et des dégustations, il sera aussi possible de se restaurer chez la plupart des participants, avec notamment du cochon à la broche chez Tilquin et Oud Beersel.

Bref, ça va être super, faut y aller.

Une semaine pour se remettre, et c'est déjà le tour d'un autre événement incontournable : le Zythos Bierfestival (ou ZBF)... Plus de détails a suivre!

Santé et à dimanche?

-Antoine

mardi 9 avril 2013

Belge d'Alaska, Triple d'Ardenne et Vieille flamande

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Salut à tous! Aujourd'hui j'ai envie de vous parler de quelques bonnes petites bouteilles dégustées au cours des semaines précédentes...

Tout d'abord, un ovni venu d'Alaska : la Bitter Monk d'Anchorage Brewing Co. Cette bière se présente comme une Belgian Style Double IPA With Brettanomyes, c'est-à-dire une IPA musclée (9%), fermentée avec une souche de levure belge ainsi que des brettanomyces (levures sauvages typiquement présentes dans les lambics). Pour couronner le tout, la bête a ensuite reposé dans des tonneaux de chêne français ayant contenu du chardonnay... Drôle d'affaire, me direz-vous! Et pourtant le résultat n'est pas mal du tout, même très bon! C'est fruité et amer, comme une IPA, mais une légère acidité provenant des brettanomyces et sans doute aussi du tonneau de chardonnay rend l'ensemble très frais! On ne sent pas du tout les 9% (sauf après!) et rien n'est agressif ou écrasant (amertume, acidité, boisé, fruité...), c'est vraiment très agréable et assez... équilibré? Seul hic : le prix... A près de 20€ la bouteille (75cl), c'est une bière pour les 'grandes occasions' (ou pas)... Mais je n'hésiterais pas une seconde entre ça ou une bouteille de champagne cela dit! Disponible chez Beer-City (mais y en a presque plus!).

Pour suivre, une bière beaucoup plus facilement accessible, en termes de prix et de disponibilité : la Lupulus, de la Brasserie des 3 Fourquets. Cette "Triple d'Ardenne", je commence à bien la connaître. Déjà dégustée maintes fois par le passé, je trouve que c'est un très bel exemple de ce type de bière. Blonde, relativement forte (8,5%) mais à l'alcool bien intégré, elle possède d'agréables arômes floraux apportés par un houblonnage délicat. Pour la petite histoire, cette bière est brassée par Pierre Gobron, co-fondateur de la brasserie d'Achouffe... Disponible notamment chez Cora.


La troisième et dernière bière que j'aborderai ici est la Morpheus Wild, de la brasserie Alvinne. Je dois d'abord admettre que j'avais des réserves avant de goûter à cette Vieille Brune flamande, car à peu près tout ce que j'avais pu goûter d'Alvinne jusque la m'avait soit déplu, soit laissé indifférent, et quasiment toujours pêté à la gueule! Donc première surprise déjà quand, en décapsulant la bouteille en question (au-dessus de l'évier bien sûr, on finit par apprendre de ses erreurs), juste un petit 'pshiiit', sans plus. Même pas de mousse qui remonte le col lentement, rien! Fou... Je sers donc les verres, dans lesquels se forme tout de même une fort belle mousse, bien dense. Et puis on goûte : pas mauvais... non, c'est même plutôt très bon (heureusement vu qu'on avait finalement 75cl à boire au lieu des 30cl qui restent habituellement après le geyser)! Le petit côté acidulé et fruits rouges du type vieille brune (à la Rodenbach, par exemple) est bien la, mais on retrouve aussi quelque chose de moins habituel : des notes légèrement torréfiées, un peu café... Un peu comme si on avait coupé un porter avec de la vieille brune. Une bonne surprise donc que cette Morpheus Wild. Disponible chez BVS Drinks.

A bientôt pour de nouvelles dégustations!

Santé

-Antoine

mercredi 27 mars 2013

Mariage malté

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Je parlais récemment d’expérimentations dans le domaine du brassage, je vais donc vous relater la suivante qui, un peu malgré moi, s’est révélée fort réussie.
Afin d’imiter les tant prisés "Barrel Aged" (vieillissement en fût) et pour simplifier vulgairement la chose, il est pratiqué par certains amateurs, un coupage direct de la bière à l’alcool fort. Si outre-atlantique le bourbon semble avoir la cote, tout goret que je suis, je me devais bien d’user de quelques scotchs ! :)
Cette première tentative s’est donc opérée sur un gras stout faiblement volté (5.5%) et bigrement gros (DF=1022). L’additif fut un jeune sherry cask de haute volée, rien de moins que le fameux Dailuaine 98/08 embouteillé par notre ami Jean Marie Kovacs de chez Jean Boyer au titre de 60.9% pour célébrer la seconde édition de l’interplanétairement renommé plus grand festival de whisky au monde, le Whisky In The Church qui se déroule annuellement à La Haye. Un whisky puissant mais jamais agressif, plein de fruits secs, vanille, caramel, épices… Le mélange fut dosé à hauteur de 2% en volume soit une demi-bouteille pour 18l, montant ainsi le titre alcoolique de près de 1% tout de même. 

8 semaines plus tard vint le jour du face à face entre la version nature et celle au whisky.


Quelle surprise de constater à quel point le whisky a métamorphosé la bière, la rendant à la fois plus intense mais aussi bien plus complexe. Il faut dire que la version nature a probablement souffert d’une surcarbonatation en raison de l’imprécision du dosage du sucre à l’embouteillage d’un seul flacon. La texture en prenant un coup, le rendu final a sans doute  été biaisé. Toutefois, la comparaison fut saisissante avec cette version Dailuaine de toute beauté, distillant son lot de café chocolaté allié à la douceur vanille/fruits secs/épices du whisky. Très bonne expérience à renouveler !




Pour avoir réalisé plusieurs tests en mélangeant directement au verre sur un autre stout, je conseille plutôt un alcool moelleux et gourmand tel que ce sherry cask, un rhum tout en rondeur, un bourbon vanillé, un irlandais souple et fruité ou un whisky de grain bien parfumé. Sont à éviter les whiskies sherry ou tourbés trop secs qui cassent l’harmonie et rendent le mélange facilement alcooleux.
A vous maintenant de tenter l’expérience !

-Pierrot
 

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